03/04/2026
« Entrez dans le Calvaire intérieur de votre cœur, et là, avec un esprit recueilli, considérez Jésus-Christ crucifié »
Maurice de Querdu Le Gall, L’Oratoire du Cœur, deuxième partie, chapitre VII, pour le Vendredi : Jésus en Croix (1668, édition française de 1770) [1]

« Entrez dans le Calvaire intérieur de votre cœur, et là, avec un esprit recueilli, considérez Jésus-Christ crucifié, qui a été donné à tous, les hommes pour un exemple d’amour et de patience sur le Mont du Calvaire ; et comme tel regardez-le dans l’intérieur de votre cœur, et voyez comme cet obéissant Isaac ayant porté le bois de son supplice jusqu’au Calvaire, il y fut étendu, afin d’y être consommé du feu sacré du divin Amour, et immolé par le couteau tranchant de la Justice de son Père, sans qu’aucun Ange pût arrêter ni la main, ni le coup qui lui causa la mort. Voyez un peu quelle confusion et quelle douleur ce divin Sauveur reçut, quand ces cruels bourreaux l’ayant déchargé de ce pesant fardeau de la Croix, ne le laissèrent pas longtemps en repos, mais renouvelèrent toutes ses plaies, en le dépouillant de sa robe de pourpre, à laquelle s’étaient collés ses sacrés membres, à cause du sang congelé, et l’exposèrent honteusement nu en plein jour sur la montagne, à la vue de plusieurs milliers de personnes qui étaient accourues à Jérusalem, pour manger de l’Agneau pascal, et qui était la figure de cet agneau sans tâche qui devait être immolé sur l’autel de la Croix.
Admirez la modestie, le silence et l’obéissance de Jésus, qui se laisse étendre les mains et les pieds sur la croix, dès qu’on lui ordonne, voyez quelle douleur il souffre, lorsqu’on veut faire arriver ses sacrés membres jusqu’aux aux trous qui avaient été faits sur la Croix, entendez un peu ces coups de marteau dont on se sert pour transpercer les pieds et les mains de votre Sauveur avec de gros clous ; ce qui se fait avec tant de bruit et de violence, que le son en pénètre jusques aux oreilles de sa très-sainte Mère, dont le cœur était tout transpercé de douleur à la vue des tourments que ces bourreaux faisaient endurer à son cher Fils. Approchez-vous en esprit de cette sacrée Vierge, et lui demandez qu’elle imprime dans votre cœur les plaises de son Fils bien-aimé, par un sentiment de compassion, à l’exemple de celle qu’elle eut sur le Calvaire, à la vue des douleurs qu’il endurait. Enfin, considérez qu’on élève la Croix, que Jésus l’Homme de douleur et soutenu seulement sur les plaies de ses pieds et de ses mains, qui s’entre-ouvrent derechef lorsqu’on enfonce en terre la Croix ; et combien cette secousse lui est douloureuse.
Retirez-vous donc dans votre intérieur, et vous arrêtez quelque temps en silence, en la présence de votre divin Sauveur, souffrant de si grandes douleurs pour vos pêchés, et après avoir fait un acte de vraie contrition, promettez-lui de ne plus renouvelet ses douleurs par vos ingratitudes et offenses, et pensez que ces plaies seront toutes rayonnantes de clarté au jour du Jugement, pour réjouir les justes qui se seront bien servies de son sang ; mais aussi qu’elles seront comme autant de foudres et de carreaux, pour écraser les pêcheurs qui auront foulé ce Sang adorable par leurs pêchés. Ce sont là les plaies qui sont les trous de la pierre d’Humanité de Jésus-Christ, où l’âme chrétienne, comme une chaste colombe, se doit retirer en esprit, afin d’éviter les ruses du Démon, qui ne lui peut nuire tant qu’elle se tient renfermée dans son intérieur, sans se dissiper au dehors, par les plaisirs de sens ; et lorsque vous aurez consenti à quelque tentation, regardez Jésus-Christ crucifié avec douleur, vous y trouverez votre guérison, comme autrefois les israélites, qui regardaient le Serpent d’airain élevé dans le désert, étaient guéris de leurs maux : mettez toute votre confiance en Jésus-Christ; car s’il souffre la mort, c’est pour donner la vie à ses enfants ; et ce Sang qu’il a versé jusques à la dernière goûte réellement sur le Calvaire, est encore capable de vous laver de vos pêchés, si vous vous approchez en esprit dans le Calvaire intérieur de votre cœur, des pieds de Jésus-Christ crucifié, avec toute humilité, et une grande douleur de les avoir commis, vous tenant là comme une autre Magdeleine. C’est là la piscine sacrée, dans laquelle il faut que votre âme soit lavée, pour devenir nette et purifiée. Enfin, faites quelques résolutions particulières de pratiquer avec ferveur la mortification, tant intérieure qu’extérieure, afin d’acquérir un changement de vie, qui est le véritable fruit que vous devez cueillir de la méditation de Jésus crucifié.
Si le Saint Esprit vous laisse dans l’aridité à la porte du Calvaire intérieur de votre cœur, tenez-vous y avec patience, vous souvenant que Jésus qui pouvait descendre de la Croix où il était attaché, y a voulu demeurer parmi d’extrêmes douleurs et les abandons de son Père, durant l’espace de trois heures, jusque à y rendre l’âme ; et vous conformer à votre divin Sauveur durant tout ce temps-là.
Si vous vous ennuyer, rappelez votre esprit sans vous inquiéter, à son objet, dans l’assurance que Jésus crucifié vous donnera part à son esprit.
Finissez votre oraison comme à l’ordinaire.
Pour le bouquet spirituel, prenez Jésus crucifié ; et à l’exemple de saint François d’Assise, de Sainte Magdeleine de Pazzi, de la Bienheureuse Claire de Montefalco, et de plusieurs autres ; regardez souvent au-milieu de votre cœur.
Durant la messe, le soir avant souper, et quand l’heure sonne, occupez-vous de Jésus crucifié, comme le matin ; adorez-le, et jetez de fréquentes œillades vers lui, comme autant de flèches d’amour qui percent Son cœur. »
__________
[1] « La deuxième partie décrit la pratique de cette oraison sur les sept phases majeures de la Passion en sept jours de la semaine commençant par le dimanche.
A chaque jour correspond une explication et une image en pleine page : un grand cœur dans lequel apparaît une scène de la Passion du Christ sous le regard d’un Saint ou d’une Sainte.
- dimanche : Jésus-Christ priant au jardin des olives, réduit à l’agonie et suant d’une sueur de sang. Sous le regard de Saint Grégoire.
- lundi : Jésus flagellé (Saint Louis).
- mardi : Jésus couronné d’épines (Sainte Élisabeth).
- mercredi : Jésus présenté au peuple par Pilate disant ces paroles Ecce Homo et condamné à mort (Saint François).
- jeudi : Jésus portant la croix ( Sainte Thérèse).
- vendredi : Jésus en croix (Saint Isidore).
- samedi : Jésus, mort, descendu de la Croix et mis entre les bras de la Sainte Vierge (Sainte Geneviève). »
(Présentation de l’ouvrage : https://arssat.info/ancien-site-chemin-de-croix-de-servel...)
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02/04/2026
« Des douleurs intérieures de Jésus-Christ dans sa Passion » : L’ENNUI (2)
Méditation autour de la Passion
Père Louis Bourdaloue (1632-1704), Retraite spirituelle à l’usage des communautés religieuses, seconde méditation, Paris, transcription d’après l’édition des Libraires associés, 1753, pp. 320-323.

« SECOND POINT. Une autre peine intérieure dont le Sauveur des hommes se sentit atteint, ce fut l’ennui. Il commença à s’ennuyer, dit l’Évangéliste. C’était une suite naturelle de la tristesse qui l’accablait. Tout lui devint insipide, & il ne prit plus de goût à rien. Ces grands motifs qui l’avaient auparavant animé & si sensiblement touché, sans rien perdre pour lui de leur première force, perdirent du reste toute leur pointe. Ils se soutenaient toujours, mais sans aucun de ces sentiments, ni aucune de ces impressions secrètes, qui excitent une âme & l’encouragent. Tellement qu’il se trouvait comme abandonné à la désolation de son cœur. État mille fois plus difficile à porter que toute autre peine, quelque violente d’ailleurs qu’elle puisse être. État où se trouvent encore de temps en temps une infinité de personnes dévotes & religieuses.
Il y a des temps où l’on tombe dans le dégoût de tous les exercices de piété & de religion. Rien n’affectionne, rien ne plaît. On est rebuté de l’oraison, de la confession, de la communion, des lectures spirituelles, de toutes ses observances et de toutes ses pratiques. Peu s’en faut qu’on ne vienne quelquefois jusqu’à s dégoûter même de sa vocation, & à concevoir certains regrets de ce qu’on a quitté dans le monde. N’ai-je point été bien des fois en de pareilles dispositions, & n’y suis-je point encore assez souvent ? Si ce n’est point moi qui me suis réduit là par un relâchement volontaire, je ne dois point m’en affliger. Ce sont alors des tentations qui me peuvent être très salutaires, & dont il ne tient qu’à moi de profiter au centuple, en donnant à Dieu par ma confiance la preuve la plus certaine de ma fidélité. Mais le mal est que ce dégoût & cet ennui ne vient communément que de moi-même, que de ma négligence & de ma tiédeur. Je ne voudrais pas me faire la moindre violence pour me réveiller & pour m’élever à Dieu. Est-il surprenant alors que le poids de la nature m’entraîne ; & dois-je m’étonner que Dieu ne se communiquant plus à moi, parce que je m’attache si peu à lui, je ne fasse que languir dans sa maison, & que le temps que je passe auprès de lui, me semble si long ? Ah ! les heures me paraissent bien plus courtes, partout où je satisfais mon inclination.
Il est vrai néanmoins, & il peut arriver quelquefois que ce ne soit pas par ma faute que je tombe dans cette langueur & que je sens cet éloignement des choses de Dieu. Mais sais-je me rendre cette épreuve aussi utile qu’elle le peut être ? Je pourrais sanctifier mon ennui même et mon dégoût. Je pourrais m’en faire un moyen de pratiquer les plus excellentes vertus, la patience, la pénitence, la persévérance. Ce n’est pas un petit mérite devant Dieu, que de savoir s’ennuyer pour Dieu. Ce n’est pas une petite perfection, que d’avancer toujours, malgré l’ennui, dans la voie de la perfection. Ça a été le don des Saints, & ce n’est guère le mien. Dès qu’un exercice commence à me déplaire, ou je le laisse absolument, ou je ne m’en acquitte que très imparfaitement. Je me fais du dégoût où je suis, une raison de me relâcher : au lieu que je devrais, avec la grâce de Dieu qui m’éprouve dans ce & par ce dégoût, recueillir toute ma force & m’élever au-dessus de moi-même. Jamais David ne glorifia plus Dieu qu’en lui disant : Vous vous êtes retiré de moi, Seigneur, & moi je ne me suis point retiré de vous ni de vos commandements. (Psalm. 118) C’est là que je donnerais à Dieu plus de gloire. C’est là que j’amasserais des trésors infinis de mérites. »
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« Des douleurs intérieures de Jésus-Christ dans sa Passion » : LA TRISTESSE (1)
Méditation autour de la Passion
Père Louis Bourdaloue (1632-1704), Retraite spirituelle à l’usage des communautés religieuses, seconde méditation, Paris, transcription d’après l’édition des Libraires associés, 1753, pp. 315-320.
Tuc ait illis : Tristis est anima mea usque ad mortem. (Matth. c. 26.)
Alors il leur dit : je suis dans une tristesse mortelle.

« PREMIER POINT. Jésus-Christ devait être notre modèle en tout, & il a voulu dans sa passion nous apprendre comment nous devons nous comporter dans les peines & les afflictions de la vie. Il y en a de deux sortes : d’intérieures qui n’affligent que l’âme, & d’extérieures qui affligent les sens. Or les unes & les autres me fournissent la matière de deux importantes méditations ; & quant à ce qui regarde d’abord des peines intérieures du Fils de Dieu, elles se réduisent à trois espèces, que les Évangélistes nous ont marquées, & qui sont la tristesse, l’ennui, la crainte.
De quelle tristesse est-il tout-à-coup accablé, lorsqu’après la dernière Cène qu’il avait faite avec les Apôtres, il va au jardin de Getsémani ! A peine peut-il se soutenir lui-même, & selon qu’il le déclare aux trois disciples qu’il a choisis pour l’accompagner, la douleur est si violente, qu’elle serait seule capable de lui causer la mort : Mon âme est triste, leur dit-il, & c’est une tristesse à en mourir. Voilà par où a commencé cette sanglante passion qu’il a endurée pour moi. Ce n’était point assez qu’il livrât son sacré Corps au supplice de la croix ; il fallait que son âme fût livrée aux plus rudes combats, & qu’elle en ressentît les plus vives & les plus douloureuses atteintes. C’était une partie, & même la principale partie de la satisfaction qu’il devait faire à son Père pour les péchés des hommes, parce que c’est dans le cœur que le péché est conçu, & c’est proprement l’âme qui, par le dérèglement de la volonté, le commet.
Quoi qu’il en soit, que fait-il dans cette tristesse qui l’abat, & qu’il ne pourrait porter sans un miracle ? A-t-il recours aux vaines consolations du monde ? Cherche-t-il au moins quelques soulagements & quelque appui auprès de ses Apôtres ? Se laisse-t-il aller à l’impatience et aux plaintes, & pour décharger son cœur du poids qui le presse, s’épanche-t-il en de longs discours ? Deux ou trois paroles, c’est tout ce qu’il dit de son état. Du reste, sans s’arrêter avec ses disciples, il se retire à l’écart, il va prier, il y passe trois heures entières, le ciel est tout son refuge & tout son soutien ; & qu’il en soit écouté, ou qu’il paraisse ne l’être pas, il y met toute sa confiance, & n’a point d’autre sentiment que d’une soumission parfaite & d’une pleine résignation : Mon Père, qu’il en soit fait selon comme vous l’ordonnez, & non comme je le veux. (Matth. c. 26.)
Quelque exempte que semble la profession religieuse des chagrins de la vie, il y a dans la religion aussi bien qu’ailleurs, des jours pénibles & des temps de tristesse. On a partout de mauvais moments, & j’ai les miens comme les autres. Nous sommes même tellement nés, que si nous n’avons pas de vrais sujets de chagrin, nous nous en faisons d’imaginaires. Sans examiner ce qui attrista le Fils de Dieu au point où il le fut, où il témoigna l’être, nous ne pouvons douter que sa douleur n’ait été aussi véritable dans son principe & aussi raisonnable, qu’elle était amère et sensible dans ses effets : au lieu que ce qui fait en mille rencontres toute ma peine, ce n’est qu’une idée & qu’un fantôme ; ce n’est que ma délicatesse extrême, que mon humeur inquiète, que mon orgueil, que mon amour-propre. Car si je veux bien rentrer en moi-même & sonder le fonds de mon cœur, je trouverai que c’est là communément ce qui le remplit d’amertume. Pourquoi êtes-vous triste, ô mon âme, & pourquoi vous troublez-vous ? (Psalm. 41.v.14) C’est que vous êtes ingénieuse à vous tourmenter, souvent sans raison, & même contre toute raison.
Mais, soit que mes chagrins soient bien ou mal fondés, comment est-ce que je les supporte ? Combien de réflexions également inutiles & affligeantes, dont e me ronge en secret ? Combien de vaines distractions que je tâche à me procurer, & au-dedans, & au-dehors, sous le spécieux prétexte de guérir mon imagination, & de la détourner des objets dont elle est frappée ? Combien quelquefois de dépit & d’animosités contre les personnes à qui j’attribue ma peine & que j’en crois être les auteurs ? A l’égard même de ceux qui constamment & de ma propre connaissance, n’y ont nulle part, combien m’chappe-t-il d’impatiences & de termes offensants, comme si je m’en prenais à eux, & que je fusse en droit, parce que je souffre, de les faire souffrir ?
Ô que ne suis-je soumis comme Jésus-Christ ! Si je savais me taire, & me tenir dans un silence chrétien & religieux ; si je me retirais dans l’intérieur de mon âme, & si j’y renfermais toutes mes peines ; si pour répandre mon cœur, je n’allais qu’à Dieu, & je ne voulais point d’autre consolation que celle qu’on goûte dans la prière & avec Dieu, que de fautes j’éviterais ! Que d’inquiétudes & d’agitations je m’épargnerais ! L’Ange du Seigneur viendrait, & il me conforterait ; ou plutôt, le Seigneur descendrait lui-même avec toute l’onction de sa grâce. Il me servirait de conseil, d’ami, de confident. Il appliquerait le remède à mon mal ; & s’il ne lui plaisait pas de m’en accorder l’entière guérison, du moins il l’adoucirait, & me le rendrait, non seulement plus tolérable, mais salutaire et profitable. J’étais dans le dernier abattement, disait le Prophète Royal, & je croyais que rien ne pouvait me consoler ; mais je me suis souvenu de Dieu, & tout-à-cou cette vue de Dieu m’a remis dans le calme & dans la joie. (Psalm. 76) Voilà ce que ce Saint Roi avait plus d’une fois éprouvé : pourquoi ne l’éprouverais-je pas de même ? »
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« Je monte vers Gethsémani tout au long de la nuit obscure »

« Ô nuit, odeur de l'agonie ... »
Robert Brasillach, « Gethsémani », Les Poèmes de Fresnes, par Pierre Fresnay
SELON MATHIEU. Je monte vers Gethsémani tout au long de la nuit obscure. La nuit est longue, la nuit dure, Ô nuit, odeur de l'agonie. Autour de moi rien ne subsiste de tout cela que je rêvais. Jusqu'à la mort, mon âme est triste, mon âme est triste, il faut veiller.
SELON MARC. Père, est-il vrai que vienne l'aube ? Qu'approche celui qui me livre ? Que ce calice se dérobe ! Que le matin me laisse vivre. Mais s'il faut bien que je m'apprête, si nul ne peut rompre mes chaînes, que votre volonté soit faite, la vôtre, Père, et non la mienne
SELON LUC. Les miens sont endormis encore, accablés sous l'immense peine. La sueur coule de mon corps, le sang s'écoule de mes veines. Est-ce un Ange qui vient vers moi ? Ses paumes sont douces et fortes, il rafraîchit mon désarroi, il me parle et me réconforte.
SELON JEAN. Si viennent juges et vendus, Père, je pourrai leur jurer. Que personne ne s'est perdu de ceux qu'on m'avait confiés. J'aurai gardé de l'aventure ceux-là qui ont su m'écouter. La nuit est longue, la nuit dure, mais j'y maintiens cette fierté. Si longue soit-elle et si dure, en souvenir de l'agonie, Seigneur, et de ta nuit obscure, sauve-moi de Gethsémani !
Robert Brasillach, 3 février 1945.
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