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21/01/2026

« Chaque goutte du sang de Louis XVI ... »

« Ô Saint Monarque, regardez d'un œil favorable ce royaume que vous avez si sagement gouverné »

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« Chaque goutte du sang de Louis XVI en coûtera des torrents à la France ; quatre millions de Français, peut-être, paieront de leurs têtes le grand crime national d'une insurrection anti-religieuse et anti-sociale, couronnée par un régicide. »

Joseph de Maistre, Considérations sur la France (1796)

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« Regardez-nous du haut du Ciel, ô Saint Monarque ! Et dans cette félicité éternelle que vous possédez, soyez sensibles à nos misères : tout indignes que nous sommes de votre secours, ne nous le refusez pas. Regardez d'un œil favorable ce royaume que vous avez si sagement gouverné, et si tendrement aimé. Si, par la corruption des vices qui s'y sont introduits depuis votre règne, la face vous en paraît défigurée, que cela même soit un motif pour vous intéresser, comme son roi, à le renouveler : si vous y voyez des scandales, aidez-nous à les retrancher. Étendez surtout votre protection sur notre auguste monarque. C'est votre fils, c'est le chef de votre maison, c'est l'imitation de vos vertus, c'est la vive image de vos héroïques et royales qualités : car il est comme vous le zèle de Dieu, il est comme vous le protecteur de la vraie religion, le restaurateur des autels, l'exterminateur de l'hérésie. Obtenez-lui les grâces et les lumières dont il a besoin pour achever les grands desseins que Dieu lui inspire ; que cet esprit de Sainteté qui vous a dirigé dans toutes vos voies vienne reposer sur lui ; qu'il nous anime nous-mêmes, et qu'il nous conduise tous à l'éternité bienheureuse. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. » Ainsi soit-il.

Révérend Père Louis Bourdaloue (1632-1704)

 « Prière à Saint Louis, Roy de France » 


 

 

06/01/2026

« Il leur envoie ces fantômes décevants, véritable protée, habile à revêtir toutes les formes. »

« Ils offrent à Jésus cet or que Jésus foulera aux pieds (...) Ils offrent l’encens parce que leurs liturgies sont sur le point de s’achever (...) Ils offrent la myrrhe qui sert à embaumer les morts »

(Giovanni Papini, Storia di Cristo, 1921)

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Peter Paul Rubens, L’adoration des mages (1632), détail : les esclaves des Rois Mages, portant les offrandes les plus lourdes

 

 

« Ces miracles et beaucoup d’autres qu’il serait trop long de rapporter, avaient pour objet de consolider le culte du vrai Dieu et d’interdire le polythéisme ; ils se faisaient par une foi simple, par une pieuse confiance en Dieu, et non par les charmes et les enchantements de cette curiosité criminelle, de cet art sacrilège qu’ils appellent tantôt magie, tantôt d’un nom plus odieux, goétie, ou d’un nom moins décrié, théurgie ; car on voudrait faire une différence entre deux sortes d’opérations, et parmi les partisans des arts illicites déclarés condamnables, ceux qui pratiquent la goétie et que le vulgaire appelle magiciens, tandis qu’au contraire ceux qui se bornent à la théurgie seraient dignes d’éloges ; mais la vérité est que les uns et les autres sont entraînés au culte trompeur des démons qu’ils adorent sous le nom d’anges. (…) sublime théurgie, qui donne à l’immonde envie plus de force qu’à la pure bienfaisance ! Ou plutôt détestable et dangereuse perfidie des malins esprits, dont il faut se détourner avec horreur, pour prêter l’oreille à une doctrine salutaire ! Car ces belles images des anges et des dieux, qui, suivant Porphyre, apparaissent à l’âme purifiée, que sont-elles autre chose, en supposant que ces rites impurs et sacrilèges aient en effet la vertu de les faire voir, que sont-elles, sinon ce que dit l’Apôtre (II Cor. XI, 14), c’est à savoir : « Satan transformé en ange de lumière » ? C’est lui qui, pour engager les âmes dans les mystères trompeurs des faux dieux et pour les détourner du vrai culte et du vrai Dieu, seul purificateur et médecin des âmes, leur envoie ces fantômes décevants, véritable protée, habile à revêtir toutes les formes… »

(S. Augustin, La Cité de Dieu, Livre X, ch. IX, « Des incertitudes du platonicien Prophyre touchant les arts illicites et démoniaques » & ch. X, « De la théurgie qui permet d’opérer dans les âmes une purification trompeuse par l’invocation des démons »).

 


« Cruel Hérode, pourquoi crains-tu l’arrivée d’un Dieu Roi ?

Il ne ravit pas les sceptres mortels celui qui donne les royaumes célestes … »

 

LES TROIS MAGES

 

« Quelques jours plus tard, trois Mages arrivaient de Chaldée et s’agenouillaient devant Jésus.

Ils venaient peut-être d’Ecbatane, peut-être des rives de la mer Caspienne. A dos de chameau, avec leurs sacs gonflés pendus aux selles, ils avaient passé à gué le Tigre et l’Euphrate, traversé le grand désert des Nomades, longé la mer morte. Une étoile nouvelle – semblable à la comète qui apparaît de temps à autres dans le ciel pour annoncer la naissance d’un prophète ou la mort d’un César – les avait guidés jusqu’en Judée. Ils étaient venus adorer un roi, et trouvèrent un nourrisson pauvrement langé, caché dans une étable.

Presque mille ans avant eux, une reine d’Orient était venue en pèlerinage en Judée, et avait apporté elle aussi des présents : or, aromates et pierres précieuses. Mais elle avait trouvé un grand roi sur son trône, le plus grand roi qui eût jamais régné à Jérusalem, et elle avait appris de lui ce que personne jusque-là n’avait su lui enseigner.

Les Mages en revanche, qui se croyaient plus savants que les rois, avaient trouvé un enfant de quelques jours, un enfant qui ne savait encore ni questionner ni répondre, un enfant qui dédaignerait, une fois grand, les trésors de la matière et les sciences des mages.

Les Mages n’étaient pas rois, mais ils étaient, en Médie et en Perse, les maîtres des rois. Sacrificateurs, oniromanciens, prophètes et ministres, eux seuls pouvaient communiquer avec Ahura Mazda, le Dieu Bon ; eux seuls connaissaient l’avenir et le destin. Ils tuaient de leurs propres mains les animaux nuisibles, les oiseaux néfastes. Ils purifiaient les âmes et les champs : nul sacrifice n’agréait au Dieu, qui ne fût offert de leurs mains, nul roi ne serait parti en guerre sans les avoir consultés. Ils possédaient les secrets de la terre, et ceux du ciel ; ils en imposaient à leur peuple au nom de la science et de la religion. Au milieu de gens qui vivaient pour la matière, ils représentaient la part de l’esprit.

Il était donc juste qu’ils viennent se prosterner devant Jésus. Après  les bêtes, qui sont la nature, après les pasteurs qui sont le peuple, cette troisième puissance – le savoir – s’agenouille devant la mangeoire de Bethléem. La vieille caste sacerdotale d’Orient fait acte de soumission au nouveau Seigneur qui enverra ses hérauts vers l’Occident : les savants s’agenouillent devant celui qui soumettra la science des mots et des chiffres à la sapience nouvelle de l’amour.

Les Mages à Bethléem signifient les vieilles théologies qui reconnaissent la révélation définitive, la science qui s’humilie devant l’innocence, la richesse qui se prosterne aux pieds de la pauvreté.

Ils offrent à Jésus cet or que Jésus foulera aux pieds : ils ne l’offrent pas parce que Marie, qui est pauvre, pourrait en avoir besoin pour le voyage, mais pour obéir, avant le temps, au conseil de l’Évangile : vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres. Ils n’offrent pas l’encens pour vaincre la puanteur de l’étable, mais parce que leurs liturgies sont sur le point de s’achever et qu’ils n’auront plus besoin de fumées et de parfums pour leurs autels. Ils offrent la myrrhe qui sert à embaumer les morts parce qu’ils servent que cet enfant mourra jeune et que sa mère, qui à présent sourit, aura besoin d’aromates pour embaumer son cadavre.

Agenouillés, dans leurs somptueux manteaux de rois et de prêtres, sur la paille de la litière, eux, les puissants, les doctes, les devins, s’offrent eux-mêmes aussi, comme un gage de l’obéissance du monde.

Jésus a désormais obtenu les investitures auxquelles il avait droit. A peine les Mages repartis, commencent les persécutions de ceux qui le haïront jusqu’à la mort. »

 

Extrait de : Giovanni Papini, Histoire du Christ, traduction de Gérard Genot, L’Âge d’Homme, 2010, pp. 53-54.