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14/10/2019

« ELLE EST ETABLIE CETTE ÉGLISE, mais c'est pour déposer un jour contre ceux de ses ministres qui ne lui auront point été fidèles, pour leur servir de jugement et de condamnation. »

De Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803)

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 « Quant à vous ministres de la religion sainte, qui avez été appelés à veiller auprès de la véritable Arche d'Alliance qui est la pensée de l'homme, si vous n'aviez point rempli le poste qui vous est confié, si vous aviez laissé Dieu sous des pavillons et sous des tentes et que vous ne Lui eussiez bâti aucune maison depuis qu'Il a tiré d'Égypte les enfants d'Israël, selon les plaintes qu'Il en a fait adresser autrefois à David par Son prophète Nathan. 2e Rois. 7-6 ce serait sur vous que tomberaient bien plus directement encore les menaces dont les prophètes ont cherché à épouvanter les serviteurs infidèles et les prévaricateurs. Si les missions de l'illusion et des ténèbres doivent avoir des suites si terribles sur les organes séduits qu'elles emploient et sur les âmes qu'elles entraînent, que serait-ce des missions vraies qui se seraient converties en missions de la cupidité, en missions de la mauvaise foi, en mission du volontaire sacrilège ?

Sans doute, vous ne pouvez trop élever la dignité de votre caractère, puisque, d'après Ézéchiel et Malachie, vous deviez être les anges du Seigneur sur la Terre et les sentinelles de Son peuple.

Mais d'après les vastes tableaux qui vous ont été offerts, pouvez-vous promettre de n'avoir jamais détourné l'intelligence des nations de ses sources les plus instructives et les plus nourrissantes ? De ne l'avoir jamais voulu faire plier sous le joug d'une doctrine humaine et intéressée ? De n'avoir jamais cherché à ne laisser aux nations que la mesure de foi qu'il leur fallait pour venir se placer sous votre propre empire ? De n'avoir jamais dérobé par-là à leurs yeux le sceptre vivificateur que la Sagesse éternelle a fait enfanter à la Terre, pour être le soleil de tous les peuples ? De n'avoir jamais composé vous-même un glaive redoutable avec la houlette de paix qui vous avait été confiée, pour nous gouverner dans l'amour encore plus que dans la justice ? De n'avoir jamais abandonné le titre de pasteur lorsqu'il fallait instruire vos brebis et les conduire aux pâturages et de ne vous en être revêtus que lorsque l'occasion se présentait de les livrer à la dent meurtrière, ou de les dévorer vous-même ?

Etes-vous bien persuadés que l'esprit de l'homme doive se contenter de la réponse que vous lui faites, quand il cherche à savoir pourquoi vous ne nous montrez plus les dons et les lumières dont ont joui ceux dont vous êtes les successeurs ?

Vous nous dites que toutes ces choses étaient nécessaires pour l'établissement de l'Église et qu'elles ne le sont plus depuis qu'elle est établie.

Mais les droits de notre être nous mettent dans le cas de vous demander de quelle Église vous prétendez parler ; car ce n'est sûrement pas celle où l'on a vu substituer à l'esprit conciliateur de l'Évangile, la fureur, le sang et le carnage ; ce n'est pas celle où l'on a vu substituer aux prédications de ses fondateurs à qui l'esprit enseignait toutes choses, des doctrines ténébreuses et contradictoires ; ce n'est pas de celle où à la place de L'esprit du Seigneur qui devait préserver les âmes, l'on a laissé l'entrée aux faux prophètes qui les égarent et aux esprits de Python qui les infectent.

Les droits de notre être nous mettent aussi dans le cas d'observer que vos fondateurs étaient admis à connaître les mystères du royaume de Dieu, qu'ils guérissaient les maladies, qu'ils opéraient la cène du Seigneur et qu'ils remettaient les péchés à qui ils devaient être remis.

Or pourquoi de ces quatre pouvoirs n'avez-vous conservé que les deux qui sont invisibles et pour lesquels encore vous demandez une foi aveugle, tandis que vous éloignez sans cesse, des yeux de notre corps et des yeux de notre intelligence, les deux autres dons qui étaient visibles et qui bien loin d'être superflus pour notre croyance, auraient commandé la foi des peuples ?

Etes-vous bien sûrs d'être irréprochables aux yeux des nations en leur disant avec assurance qu'elles s'engraissent dans vos pâturages, tandis que vous leur avez ainsi diminué leurs subsistances ? Et même, dans celles des saintes institutions que vous avez conservées, n'avez-vous jamais donné le moyen pour le terme, des formes pour le moyen et des traditions pour la loi, comme le réparateur le reprochait aux docteurs juifs, Matthieu 15 ? Ne craignez-vous point de faire ainsi sommeiller les nations dans un repos apathique et d'avoir travaillé peut-être à démolir vous-même cette Église que vous nous annoncez comme étant si bien établie ?

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« Si ces jugements à venir vous effraient (…)

rentrez au plus tôt dans les sentiers de vote sublime ministère ... »

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Oui, elle est établie cette Église, malgré les dommages qu'elle a pu souffrir, sans quoi, il n'y aurait de médiation entre l'amour suprême et les crimes de la terre ; elle est établie cette Église et les portes de l'homme ni les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle ; elle est établie cette Église, mais c'est pour déposer un jour contre ceux de ses ministres qui ne lui auront point été fidèles, pour leur servir de jugement et de condamnation, quand elle se plaindra devant le souverain tribunal, des injures qu'ils lui auront faites en changeant ses habits de gloire contre des habits de deuil et d'indigence ; comme elle aura plaidé ici-bas la cause de l'amour, l'amour lui-même plaidera à son tour la cause de cette Église devant le juge éternel dont ils auront provoqué les redoutables justices et songez combien elles seront terribles ces justices, puisqu'elles seront les justices de l'amour outragé et blessé jusque dans ses miséricordes.

Si ces jugements à venir vous effraient, si par malheur vous avez à vous faire quelques-uns de ces reproches dont vous venez de voir l'énumération, rentrez au plus tôt dans les sentiers de vote sublime ministère et prévenez ces terribles justices dont sont menacés les apôtres de mensonge, qui se sont si souvent assis dans la chaire de la vérité. C'est à eux que s'adressait David Ps. 93-20. Le trône a-t-il été pour vous associer à l'iniquité, vous qui vous servez de l'autorité qui vous a été confiée pour exercer des injustices. C'est d'eux que s'adressait Sophonie en parlant des crimes de Jérusalem 4-3. Ses principes sont au milieu d'elle comme des lions rugissants : ses juges sont comme des loups qui dévorent les os jusqu'à la moelle.

Comment ces ministres trompeurs sont-ils parvenus à ces injustices ? Le voici. Ils ont commencé par fermer les yeux sur la sainteté de notre propre nature qui nous appelait à être les signes et les témoins du Dieu de paix dans l'univers. Ils les ont fermés encore plus sur ce terrible arrêt qui embrasse toute la famille humaine dans cet humiliant caractère d'Ecce Homo. Et dès lors ils n'ont plus aperçu ce fleuve de l'amour, sur lequel leur ministère les établissait pour désaltérer les nations.

Leur intelligence obscurcie n'a plus reconnu les confirmations de ces vérités qui sont tracées à toutes les lignes des Écritures Saintes et ne pouvant point expliquer ces Écritures par la vraie et seule clef qui leur convienne, ils se sont efforcés de les expliquer d'abord par la fausse clef de leur ignorance, puis par celle de leurs cupidités, puis par celle de leurs fureurs.

C'est alors qu'ils se sont rendus les exterminateurs de nos intelligences et que selon Isaïe 5-20. Ils ont donné au mal le nom de bien, au bien le nom de mal, aux ténèbres le nom de lumière, à la lumière le nom de ténèbres ; et qu'ils ont fait passer pour doux ce qui est amer et pour amer ce qui est doux. Eux qui, qui selon le même prophète 5-18 se servent du mensonge, comme de cordes pour traîner une longue suite d'iniquités et qui tirent après eux le péché comme les traits emportent le chariot. Eux qui 3-12 :sont les exacteurs qui ont dépouillé le peuple... qui l'ont séduit en le disant bien heureux et qui rompent les chemins par où il devait marcher.

En vain voudront-ils, dit Jérémie 2-32 justifier leur conduite pour rentrer en grâce avec le Seigneur, puisqu'ils ont eux-mêmes enseigné aux autres le mal qu'ils ont fait et qu'on a trouvé dans leurs mains le sang des âmes qu'ils ont assassinées. C'est-à-dire, qu'ils ont attaqué la vérité jusque dans son sanctuaire qui est la pensée de l'homme et le véritable dépôt dont ils doivent répondre. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Ecce homo, 1792. § 8.)

 

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